De Kuterevo à Gračanica

Nous avons quitté Kuterevo après trois semaines de travail dans ce petit village de montagne. Peindre, déplacer, ranger, trier, couper, nourrir, cuisiner, boire bien sur et puis dormir de temps en temps. Nous partons tôt un matin, fatigués par les dernières soirées et par le froid qui est tombé rapidement sur les Balkans. Il est temps de quitter cette vallée dont les sommets commencent à disparaître dans le nuages.

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Comme durant la première semaine de voyage, nous enchainons les refus de CouchSurfing. En plus de cela, nous passons des heures en bord de route, pouce dressé, sans que personne ne s’arrête. Malgré nos tentatives comiques pour attirer l’attention, que ce soit à Otočac, à Split, sur la côte ou à la sortie de Dubrovnik, nous ne serons invités à monter que deux fois pour un total d’une cinquantaine kilomètres. D’abord par un Bosnien marié a une Serbe et qui vit en Croatie, et puis par une activiste qui nous dépose dans une ville de «turbo fascistas». Un peu dégoûtés, nous prenons plusieurs bus pour rejoindre Split, Dubrovnik, Podgorica puis Pristina.

Voilà quelques photos de cette petite semaine à travers les Balkans :

Split
Split
Split
Split
Split
Makarska
Makarska
Makarska
Dubrovnik
Dubrovnik
Podgorica
Immeuble Albanais
Bus pour Pristina
Quand les passagers du bus negocient du poisson
Bus pour Pristina
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Et quelques ambiances pour ceux que ça intéresse :

Un des bus entre Split et Omiš qui produisait des sons étonnants

Le port de Split

Bord de mer, au pied des remparts de Dubrovnik

 

Split et Dubrovnik sont deux belles villes très touristiques. Nous traversons les centre villes plusieurs fois, rêvons d’un temps différent dans ces cités antiques. Il est de ces villes, comme Genova, dans lesquelles on peut se perdre et marcher longtemps sans ressentir de lassitude. Nous rencontrons aussi d’autres voyageurs,  grâce aux auberges de jeunesse ou simplement dans la rue. 

Le bus entre Dubrovnik, tout au Sud de la Croatie, et Podgorica traverse des paysages incroyables, et ce sera la même chose entre la capitale Monténégrine et Pristina, au centre du Kosovo.

Podgorica nous déprime. A peine arrivés à la gare routière, regards désagréables. Nous prenons une route qui se transforme en terrain vague le long des rails de trains qui n’existent peut-être plus. Des coups de feu partent. Nous hésitons. Quelques pas plus loin, nous sentons cette odeur de souffre qui rappelle l’enfance et les anniversaires. Un père et ses deux enfants jettent des pétards. Soulagés nous rejoignons notre hébergement, mais une désagréable sensation persiste. Après un tour dans le centre, nous sommes fixés. Rien à voir, rien à entendre, la ville a été presque entièrement reconstruite après avoir été bombardée pendant la guerre. Le seul monument qui témoigne d’une certaine ancienneté est la tour de l’horloge, droite, courte et faite de pierre blanche. Nous ne resterons pas. 

Direction Pristina, nous longeons un énorme lac, traversons l’Albanie, et remontons par le sud du plus petit pays des Balkans. A un moment, les deux chauffeurs et les trois seuls passagers décident de s’arrêter à un stand de pécheurs en bord de route. Ça marchande, ça parle, prend des photos et rigole. Puis tout le monde remonte dans le bus sans avoir acheté quoi que ce soit. Ils voulaient juste parler et se marrer un peu. Les vendeurs, déçus, retournent dans leur bicoque.  L’Albanie nous offre des contrastes étonnants : immeubles a moitié construit déjà a moitié habité, grosses voitures allemandes qui côtoient des charrettes tirées par des mules, hautes montagnes et grandes plaines…

 

L’imaginatorium

Gračanica est une enclave serbe dans un pays peuplé essentiellement d’albanais. Et la guerre y a laissé des traces. En traversant le Kosovo on croise souvent le drapeau albanais, un aigle a deux têtes flottant dans un ciel rouge. A Gračanica, on trouve la sculpture d’un cavalier l’épée levée et éclairée  aux couleurs de la Serbie.  Il existe plusieurs enclaves serbes comme celle-ci, et la situation y est toujours particulière puisqu’elles sont a la fois dépendantes du Kosovo et de la Serbie. L’école par exemple est gérée par le gouvernement serbe, et on y trouve très peu des Roms qui vivent dans le quartier de Roma Mahala. Notre maison  se trouve dans ce quartier au bout de la ville, et c’est aussi la qu’est l’Imaginatorium, une école alternative entre centre culturel et espace de vie.

Les cours y sont des ateliers ouverts, des mathématiques a la réparation du bâtiment. Les enfants vont et viennent, ils crient, courent, se battent, vous font des câlins et repartent en coup de vent.

« Ѣeнeta плус себо » Djeneta plus Sebo

Ersan qui fait du Beatbox

 

Voila a quoi ressemble l’endroit. Ce n’est pas le lieu rêvé mais ici on se débrouille sans budget. 

 

Vous pourrez voir très bientôt un article plus précis sur l’Imaginatorium. Et le reste des infos est  ici.